L' HISTOIRE BEGAIE ?

Publié le par domik27

 


L’invité de la semaine


Secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Toulouse.

Le 26 juin 1953, le gouvernement Laniel est investi et engage, au nom du libéralisme et de l’Europe, une violente attaque contre le secteur public.

Dès juillet, il envisage d’user de pouvoirs spéciaux pour :

- démanteler la Sécurité sociale ;

- supprimer 4 000 emplois de fonctionnaires ;

- reculer l’âge de la retraite des fonctionnaires de 60 à 65 ans, en mettant en avant le « principe d’égalité ».

Le 7 août, à l’occasion d’un conseil supérieur de la fonction publique et à l’appel des syndicats, 2 millions de salariés du secteur public participent à la grève.

Le 10 août, la CGT rejointe par les autres confédérations, appelle tous les fonctionnaires à durcir le mouvement.

Le 17 août, il y a 4 millions de grévistes dans le secteur public et nationalisé. Désormais la grève déborde sur le secteur privé.

La reprise est décidée entre le 26 et le 27 août. Ces grèves obligent le gouvernement à abandonner la plupart de ses projets : l’âge de départ à la retraite reste inchangé. Les bas salaires sont relevés en septembre.

Rien n’interdit de voir (en toute lucidité) de réelles similitudes avec ce que nous vivons aujourd’hui.

Sarkozy remplace Laniel mais l’idéologie, la méthode et le contenu libéral sont toujours les mêmes.

Nous sommes face à une droite dure et un gouvernement de classe qui à comme objectif premier de détruire toute référence au modèle social français issu du Conseil national de la Résistance.

D’ailleurs, le MEDEF ne cache plus son désir de revanche sur le salariat et sur les mesures sociales de 1945.

Le 18 octobre 2007 peut s’apparenter au 7 août 1953 dans le cadre de la construction d’un mouvement social fort, capable d’inverser réellement les orientations actuelles.

Ainsi, la dimension de cette journée de lutte dépasse dès à présent le cadre des salariés du public et les convergences public-privé commencent à se faire sentir.

L’heure est à l’unité et au rassemblement des salariés.

La CGT va continuer à tout mettre en oeuvre pour élargir la mobilisation dans les jours qui viennent.

La bataille des idées est engagée et bon nombre de salariés ont intégré que la suppression des régimes spéciaux est une condition pour le pouvoir en place de faire avaler de nouveaux sacrifices à tous les salariés du régime général dès 2008, sans régler la question essentielle du financement.

Les cheminots savent aussi que comme en 1953 et 1995 ils n’inverseront pas le cours des choses seuls.

Tous ensemble !

l' Huma  du  19 / 10 / 07

 
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Publié dans domik27

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