Tiens tiens...encore un porteur d'eau trouble .
Message à Didier PORTE suite à sa chronique dans le "Fou du Roi" ce jour.
Je dois dire qu’alors que l’on va lire la lettre sentimentale et personnelle de Guy Môquet, j’aime les gens qui participent à la curée générale.
Les communistes français étaient pourchassés au nom de la "trahison" de l’URSS (il faut éviter de mettre des mots qui feraient oublier que se préparait Stalingrad, ce qui renverserait le cours de la guerre) alors que police et gendarmerie française collaboraient allègrement avec les nazis. Voilà ce que tu as oublié dans ta chronique Didier. Les bourgeois qui avaient criés "plutôt Hitler que le front populaire" n’étaient naturellement pas inquiétés et se voyaient ainsi rassurés en une pierre deux coups. La encore un bel oubli.
Il est donc pour le moins curieux de voir que pour ces années d’occupation nazie certains arrivent à dénoncer le fait que les communistes français, pourchassés par les allemands, enfermés par ceux qui avaient choisi la collaboration, ne pouvaient pas être résistants du fait du fameux pacte.
Comment expliques tu, Didier, que les allemands aient demandé expressément à ce que ce soient des communistes qui soient fusillés le 22 octobre 41 ?
Pour les allemands, cela faisait d’une pierre deux coups pour eux également. Cela leur permettait de justifier que les communistes devaient être fusillés car ils représentaient des ennemis de la France du fait du Pacte gesmano-soviétique aux yeux d’une l’opinion publique pétainiste déliquescente. En même temps, il pouvaient se débarrasser à peu de frais d’ennemis viscéraux du nazisme.
Et ce sont les mêmes arguments pétainistes que l’on retrouve aujourd’hui, c’est à vomir.
J’aurais aimé qu’un journaliste comme toi cherche un peu plus et évite de crier avec "certains" historiens. Monter en exergue le fait que les communistes parlaient de guerre impérialiste en suggérant que les communistes ne se sentaient pas concerné, parler des communistes et oublier que la plupart étaient enfermés ou dans la clandestinité, c’est oublier que cette guerre impérialiste existait bel et bien, compte tenu de ce que les pays occupés et le monde du travail en particulier payaient comme tribut au Reich. Et cette guerre impérialiste avait une particularité en France, il existait une sorte de collusion entre les Forges du Creusot, la société métallurgique Renault et les forges Krupp qui fournissaient tous des armes au Reich. Les grandes fortunes avaient choisies le Reich contre le peuple (plutôt Hitler que le front populaire), ce qui fait encore enrager les représentants patronaux d’aujourd’hui (Voir ce que dit Kessler dans Challenge) et que ces mêmes patrons voudraient qu’on oublie. J’aurais aimé que ce ne soit pas avec ton aide.
Je dois rappeler qu’en Allemagne dans les années 35 les communistes allemands avaient payé un lourd tribut à la botte nazi. Ce sont eux qui ont fait parti du lot des premiers déportés dans les camps. Les communistes français avaient eu les informations nécessaires pour prendre conscience de la nature du régime nazi.
Tu devrais également regarder ce qu’écrivaient les communistes français sur la nature du nazisme avant d’être réduits au silence par la détention ou la mort.
Le pacte entre l’URSS et les nazis ne trompaient personne, et surtout pas les nazis. Hitler voulait la peau des communistes mais ne pouvait pas établir un nouveau front et préférait différer l’écrasement de l’URSS. Hitler avait eu la peau des communistes allemands.
Mais la manipulation tendant à faire croire à une collusion ou une neutralité des communistes avec l’ennemi était et reste tentante pour les revanchards que l’on retrouve maintenant du côté du gouvernement et du patronat.
Merci Didier pour m’avoir lu jusqu’au bout.
Cordialement
De : JP
lundi 22 octobre 2007