Alcatel-Lucent licencie 4000 personnes .

Publié le par domik27

Télécommunications . L’équipementier annonce un « plan de la dernière chance » qui équivaut à une réduction de 26 % des effectifs.

« On ne change pas une stratégie perdante. » Dans un communiqué commun, CGT, CFDT et CFTC fustigent la dernière décision de la direction d’Alcatel-Lucent, qui prévoit 4 000 suppressions de postes supplémentaires d’ici à 2009. Au début de l’année, le groupe né de la fusion du français Alcatel et de l’américain Lucent avait déjà revu à la hausse le nombre de suppressions d’emplois, de 9 000 à 12 500, dont 1 468 pour la France. Devant les menaces de conflit social, cette fois-ci Alcatel-Lucent a refusé de préciser la répartition géographique de ces nouvelles coupes. L’intersyndicale a donné le ton, mercredi, mais c’est de la CFE-CGC qu’est venu l’avertissement le plus clair : « Les salariés européens, après une année traumatisante et un conflit social sans précédent, n’accepteront pas une seule suppression d’emploi supplémentaire en France et dans l’Union européenne. »

C’est peu dire que le « plan d’action agressif », terme employé par la direction elle-même, suscite des inquiétudes. Dans son communiqué, l’intersyndicale souligne la contre-productivité de la « stratégie » de suppression d’emplois : « non-qualité des produits, délais non tenus, absence d’innovation »… Selon Alain Hurstel, secrétaire (CFDT) du comité d’entreprise européen du groupe, « on est dans une logique désespérante ». Les deux dirigeants d’Alcatel-Lucent, Serge Tchuruk et Patricia Russo, « sont maintenant discrédités ». Quant aux salariés, « déjà durement marqués par les 12 500 suppressions d’emplois initiales », CGT, CFDT et CFTC estiment que « cette nouvelle annonce les maintient dans le cercle infernal des plans sociaux à répétition ». « Depuis que nos directions licencient, si c’était la solution, Alcatel-Lucent serait leader mondial », ironisent les syndicats, qui appellent les salariés à « se mobiliser ». Plusieurs centaines de salariés de quatre sites dans l’ouest de la France (Orvault, Lannion, Cesson-Sévigné et Saint-Grégoire) ont entendu cet appel : mercredi, ils ont débrayé pendant une heure pour marquer leur inquiétude. « Les salariés sont écoeurés, lâche Jean-Pierre Clavaud, délégué CGT à Orvault. On a peur pour tout le monde à partir du moment où on ne sait pas où sont localisées les suppressions d’emplois. »

Grégory Marin

l'Huma du 02 / 11 /07

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