L'audit qui met à mal la gestion de la police .
Sécurité . Un rapport de l’inspection des finances préconise la suppression de 8 000 à 10 000 postes dans les forces de l’ordre.
Un audit aux conclusions accablantes. Dans sa ligne de mire, les dépenses et l’organisation des forces de l’ordre. Réalisé le 10 octobre dernier par l’inspection des finances dans le cadre de la réforme de l’État, le rapport préconise tout bonnement la suppression de 8 000 à 10 000 postes chez les policiers et les gendarmes. Mais ça n’est pas tout. En vue de permettre à l’État de faire des économies, les fonctionnaires de Bercy ont ébauché divers scénarios qu’ils ont catalogués sur dix « fiches techniques ».
Au chapitre « temps de travail des policiers », sujet ô combien sensible, les auteurs de l’audit affirment que les RTT, « à moyen et long terme », font « peser des risques de rupture sur l’action des services et leur capacité opérationnelle ». « L’administration vit à crédit », écrivent-ils, soulignant l’impossibilité de récupérer les heures supplémentaires et les repos compensateurs accumulés par les policiers, soit « 12 millions, au 31 décembre 2006 ». Ils suggèrent de solder ces heures « à hauteur de 50 millions d’euros » et de « réviser le temps de travail » des policiers.
Sur la fiche concernant les dépenses, ils tirent carrément à boulets rouges. L’entretien des véhicules de police et de gendarmerie est jugé « trop coûteux », « mal mesuré » et les coûts d’assurance « excessifs ». Ils pointent le nombre de « sinistres » dans la police -15 000 par an pour 33 000 véhicules - en préconisant une franchise d’assurance de 150 euros pour les policiers. Le parc immobilier des gendarmes - des militaires logés par
l’État -, toujours selon cet audit, est « fragmenté » et « vétuste ». Il faudrait, assènent ses auteurs, supprimer certains logements de fonction et faire payer aux gendarmes leur consommation d’eau (11 millions d’euros en 2004). Côté maintien de l’ordre (CRS de la police et gendarmes mobiles), ce texte préconise de tailler dans les effectifs (suppression de 26 unités sur les 188 existantes) afin de les recentrer « sur leur coeur de métier ». De là à ce que policiers et gendarmes (n’était le statut de militaires de ces derniers) rejoignent - au lieu d’encadrer - les manifestations prévues lors d’un automne qui s’annonce franchement social, il n’y a qu’un pas.
S. B l' Huma du 03 / 11 / 07