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Publié le par domik27

Merci Domik27 et le COLLECTIF SOLIDARITE USAGERS GREVISTES pour un peu d'intelligence au milieu d'un tas de clichés dictés par les médias vendus (au sens propre du terme) aux grands groupes capitalistes. Vendus au sens propre du terme, par exemple : TFI-Bouygues, Libé-Rotschild, le Figaro-Dassault, Le Point-Groupe Pinault, La tribune-Bernard Arnault, etc., etc.

Pourquoi on veut casser les régimes de retraite? Parce que tous ces groupes capitalistes préfèrent la retraite par capitalisation (qui leur rapporte de l'argent, en tout cas ne leur en coûte pas...). Pourquoi on fustige la soi-disant paresse des fonctionnaires et assimilés et la soi-disant inefficacité des services publics : pour mieux privatiser et se sucrer au passage.

J'ai travaillé aux USA et en Grande-Bretagne et je peux témoigner de ce que veut faire M. Sarkozy (l'ami intime des Bouygues, des Arnault, des Pinaults, de M. Lagardère...) : ce qu'ont fait avant lui Reagan et Thatcher. L'exemple qui suit n'est que l'illustration de nombreux exemples :

En Grande Bretagne, en 1979, Madame Thatcher voulait privatiser le train mais elle n'y arrivait pas. Le service ne marchait pas si bien qu'en France mais c'était correct. Les cheminots, entre autres, se battaient comme ils pouvaient pour sauvegarder le peu qu'ils avaient (des "privilégiés" les cheminots!... pff débile! et ce sont des milliardaires qui disent ça en plus!). Madame Thatcher a alors trouvé une idée qui est maintenant appliquée chez nous : on coupe les vivre. Plus d'investissement pendant plus de 10 ans, réduction de personnel au titre d'hypothétiques "gains de productivité", rognage sur les budgets d'entretien, etc. Début des années 90, à force de ne plus mettre les moyens nécessaires, John Major a hérité d’un British Rail (la SNCF locale) exsangue et qui ne marchais plus. Il a pu privatiser comme il voulait, tout le monde était d'accord.

Résultat plus de 15 ans plus tard : les trains britanniques n'ont jamais été aussi en retard (si vous croyez que quelques jours de grèves par-ci par-là, qui ont été divisés par 10 en France depuis 10 ans d'ailleurs, sont une galère, essayez de prendre le train entre Exeter et Bristol… sans grève, c'est pire), la sécurité n'a jamais été aussi compromise (4 déraillements mortels la dernière année où j'y étais, dont une grosse catastrophe, tous imputables au mauvais état du réseau), le billet est plutôt plus cher, cela coûte grosso modo autant au contribuable et... seule une des environ 30 compagnies privées gestionnaires ne faisait pas de bénéfices.

Ce petit exercice pratique de privatisation peut se décliner dans plein de domaine : vous faites exprès de gérer mal, le service public dysfonctionne, vous en imputez la faute à ces fainéants de fonctionnaires et à "l'archaïsme" de la gestion publique, vous privatisez, et vos copains récupèrent le magot.

En France, la machine est en route depuis les années 80, avec un peu de retard par rapport à d'autres pays (grâce à Mitterrand??) : la poste, la sécu (gros gâteau pour les assureurs), l'université, l'entretien routier, le transport maritime, l'électricité, et ... les retraites.

Pour que ses amis assureurs puissent profiter du gâteau financier des retraites, Sarkozy s'en prend d'abord aux plus vulnérables : ceux qui ont des régimes spéciaux, en les taxant de privilégiés. Depuis 1995, la propagande ultra libérale a fait son chemin. Si ce dernier verrou saute, Sarko aura un boulevard pour s'attaquer ensuite : aux retraites des fonctionnaires, puis aux statuts protecteur des cheminots, puis à celui des fonctionnaires... puis aux retraites du privé, puis au code du travail (c'est bien entamé déjà). Mesdames et messieurs du privé qui vous plaignez d'être un peu plus mal traités que les cheminots, quand les cheminots seront alignés sur vous, attendez vous à être encore plus mal traités... mais vous n'aurez plus de cheminots pour vous aider à protester...

PS : autres points de désinformation habituels :
- la représentativité des syndicats est soi-disant faible : dans mon ex boite (un organisme public), très peu de syndiqués (moins de 5%) mais 85% de participation aux élections des délégués du personnel : y a-t-il un seul de nos député aussi bien élu?
- le privilège des régimes spéciaux : quand j'étais fonctionnaire (je suis maintenant en disponibilité sur un contrat privé) ma retraite était calculée sur les xx meilleures années, soit beaucoup plus favorablement que dans le privé mais... avec un base de seulement 60% des revenus pour lesquels je cotisais. Cherchez l'erreur...
- les fonctionnaires gagnent plus : faux la plupart du temps. Je suis resté dans la fonction publique par attachement au service public, en refusant d'aller gagner plus dans le privé. J'en ai eu marre, à force, de gagner moins, en étant pointé du doigt et tout ça dans un contexte de démantèlement du service public. Beaucoup de fonctionnaires quittent la fonction publique, vous croyez qu'ils sont maso? En général les médias donnent le salaire moyen des salariés du privé qui est plus bas que celui de la fonction publique. C’est l’archétype le plus grossier de manipulation des chiffres : il y a beaucoup plus d’emplois qualifiés dans la fonction publique, d’où la différence. Quand on compare à responsabilité et compétence égale, les choses sont beaucoup plus contrastées.

Cyrille, ex-fonctionnaire, solidaire avec les cheminots et les autres "privilégiés" en lutte

Ecrit par : Cyrille | 11.12.2007

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