Confidence sentimentales...
Nicolas Sarkozy impute à la presse l’étalage de sa vie privée et parle mariage.
« Avec Carla, c’est du sérieux. » « Avec Carla, nous avons décidé d’assumer (…). Nous ne voulons pas mentir ; nous ne voulons rien instrumentaliser, mais nous ne voulons pas nous cacher. (…) Je parle en notre nom à tous les deux. » À plusieurs centaines de représentants de la presse française et étrangère assis gravement dans la salle des fêtes de l’Élysée, le chef de l’État a livré cette confidence. Nous n’en sommes pas encore à la toilette publique du monarque au château de Versailles, mais… Les journalistes conviés à la première grande conférence de presse du président Sarkozy ont appris de sa bouche la confirmation qu’un mariage était dans l’air. Facétieux, le fiancé présumé a prévenu : « Il y a de fortes chances que vous l’appreniez quand ce sera déjà fait. » La dernière édition du Journal du dimanche avait avancé la date du 9 février. Franchises médicales, hausse du prix du gaz, salaires trop bas, pouvoir d’achat en berne… le président s’amuse. Revendique le droit au bonheur. Revient sur les heures sombres : son divorce, « pas la période la plus heureuse de ma vie ». S’indigne qu’on l’ait accusé de l’avoir annoncé pour faire passer au second plan la grève des cheminots (ce fut dans sa conférence de presse la seule référence au conflit sur les retraites).
Est-ce le même homme qui impute à la presse la responsabilité de trop parler de sa vie privé ? C’est presque du harcèlement contre un pauvre couple qui n’y peut mais. Ils se rendent un week-end, nous raconte-t-il, au parc Disneyland avec le fils de Carla, comme le font des milliers de Franciliens. Et les photographes sont là. Comme par hasard. Au lendemain de la visite controversée du leader libyen Kadhafi.
Nicolas Sarkozy fustige « l’hypocrisie » des journalistes qui n’ont jamais révélé des secrets de ses prédécesseurs, allusion à la double vie familiale de François Mitterrand. « Tout le monde savait, personne ne parlait », accuse-t-il. Ce silence plaide plutôt en faveur de l’honneur des journalistes. Car la différence est de taille : François Mitterrand souhaitait, et c’était son droit, que la presse respectât sa vie privée. L’actuel président est sur ce chapitre, disons, plus… expansif.
Jean-Paul Piérot
l' Huma du 09 / 01 / 08