Ecouter les messages des urnes !
Par Régis TRILLES le samedi 22 mars 2008, 19:39 - Municipales - Lien permanent
Ilne s'agit pas d'un simple avertissement. C'est une sévère sanction qu'ont infligée les électrices et les électeurs au pouvoir sarkozyste.
Les ministres et les dirigeants de la droite s'époumonent sans relâche pour donner des explications d'ailleurs souvent contradictoires. Tantôt, ce seraient des causes locales qui les feraient perdre, tantôt le contexte national, ou encore le manque de pédagogie pour expliquer leur politique.
Tous ces écrans de fumée, agités pour camoufler la Bérézina que la droite a subie, dix mois seulement après l'élection présidentielle ne visent qu’à faire adopter une conclusion: il faut amplifier ce qui a été entamé. Autrement dit, les mandataires des forces du capital osent utiliser leur désaveu pour accélérer la mise en œuvre de leur néfaste politique au prétexte que les premières décisions n’ont pas encore porté leurs fruits. Or c'est précisément ces décisions qui aggravent chaque jour la vie quotidienne, tandis que l’argent s’accumule dans les profits et la spéculation financière, qui provoque aujourd'hui une grave crise financière, dont les effets futurs sont sous estimés.
Le mot même de « réforme » est galvaudé. Aujourd'hui, nous sommes dans la contre-réforme, régressive, antisociale, antidémocratique. C'est cela qui a été rejeté par les électeurs. Jusqu'à un nombre très important d’électrices et d'électeurs de Mr Sarkozy, qui ont décidé d’une « abstention sanction, parce qu’ils considèrent que leur vie s'est dégradée ces derniers mois. Une majorité nette d'électrices et d’électeurs a signifié son refus des franchises médicales, de l'augmentation des prélèvements sociaux, de certains impôts indirects, du démantèlement du Code du travail, de l'allongement de l'âge du départ à la retraite. Face à un tel tsunami électoral, ce n'est ni d'un cosmétique remaniement gouvernemental, ni d'un changement de conseiller en communication dont ont besoin nos concitoyens, mais d'une inflexion nette des choix politiques. Dans sa masse, le peuple réclame avec force une augmentation des bas salaires, des retraites et des prestations sociales en répartissant autrement l'argent des profits et l'argent public
En même temps, il relève de la responsabilité du gouvernement de faire cesser les hausses inconsidérées des prix à la consommation, à commencer par l'alimentation, le logement, l'énergie et l'eau. Sans attendre, préparons le succès de la journée d'action pour l'augmentation des retraites, le 29 mars. Partout, aidons au développement d'actions multiformes. Divers mouvements sociaux ont été engagés avant les municipales, dans l'éducation, la justice, pour la défense de l'emploi, ou pour des augmentations de salaires. La gauche doit maintenant se mettre à la disposition de ces mouvements pour les aider à s'unir et obtenir satisfaction.
En se donnant une majorité de villes et de départements, gérés par les forces de gauche, les populations ont voulu émettre un signal clair et fort. À l'opposé de la concurrence de tous contre tous, elles souhaitent que soient mis en œuvre des choix de justice et de solidarité.. Elles ont considéré que des collectivités gérées par la gauche constituent des points d'appui pour améliorer leur vie et pour être défendues face à la déferlante ultralibérale. En ce sens, des collectivités locales animées par la gauche peuvent être des relais pour obtenir un moratoire sur tous les plans de licenciements ou de délocalisations, pour obtenir que les fonds publics servent réellement à l'emploi et à la formation
Dans la quasi-totalité des cas, la gauche a été choisie quand elle s'est présentée unie et clairement à gauche, bâtissant ses projets avec les populations. Le Parti socialiste bénéficie à plein de l' antisarkozysme et de la loyauté de ses partenaires. Contrairement à ce qui était répandu depuis plusieurs mois, le Parti communiste reste un grand parti, ancré dans les territoires, faisant la preuve de son utilité au service du plus grand nombre.
Ces élections viennent encore de montrer que le pluralisme à gauche est une réalité ancrée dans les profondeurs du pays. Les forces de gauche doivent maintenant associer les populations à la mise en œuvre de projets communaux, départementaux, visant à améliorer la vie quotidienne en agissant pour construire des logements à prix accessibles nécessaires, en développant les services publics, en promouvant la culture, le sport, l'aide à la petite enfance ou aux personnes âgées, en construisant les équipements indispensables, notamment à l'éducation, ou en étant des points d'appui pour un développement économique durable, créateur d'emplois. Un effort considérable doit être déployé en faveur des habitants des quartiers populaires à la fois pour améliorer leur cadre de vie, mais surtout pour leur permettre d'accéder à la formation et à un travail.
Cette séquence électorale marque une nouvelle étape pour tous les progressistes de notre pays. Les débats, qui sont indispensables à gauche, vont s'engager dans chacune des formations. Ils vont être utiles. Ils sont indispensables pour déterminer des actions permettant d'empêcher la situation des gens de se dégrader. Mais les débats doivent porter sur les moyens d'offrir une alternative progressiste, durable aux pays. Les résultats de ces élections montrent que ce n'est pas l'orientation défendue par certains courants de la gauche, notamment au sein du Parti socialiste appelant ouvertement à une alliance avec une partie de la droite, qui peut constituer une issue favorable pour le peuple. Ce serait la voie de l'échec, de nouvelles désillusions et déceptions. Les expériences allemande, italienne ou britannique le confirment.
Au contraire, la mission d'une gauche moderne, combative, utile n'est pas d'en rabattre sur les aspirations sociales, démocratiques, culturelles, sous prétexte de « contraintes mondiales ». Elle doit au contraire être active pour résister et transformer cette mondialisation, pour proposer un projet alternatif au pays.