100 EUROS DE PLUS,EST-CE TROP DEMANDER ?

Publié le par domik27

Pouvoir d’achat . Les éboueurs de la communauté d’agglomération Orléans Val-de-Loire sont en grève pour une augmentation de salaire.

Depuis le 26 décembre 2008, 90 % des 50 salariés chargés du ramassage des ordures ménagères, fonctionnaires territoriaux de l’agglomération orléanaise, sont en grève avec la CGT pour l’obtention d’une prime mensuelle de 100 euros. Et depuis ce jour, ils se heurtent au refus de Charles-Éric Lemaignen, président UMP de l’agglomération Orléans Val-de-Loire, d’ouvrir des négociations. Le président argue que la décision dépend de l’arbitrage budgétaire des 22 maires de l’agglomération qui doivent se réunir le 15 janvier prochain et qu’une réunion avec les syndicats des personnels est programmée de longue date pour le 16 février prochain. Selon son cabinet, et à moins de dix jours de la réunion des maires, le président d’agglomération n’a pas encore tranché sur la question. Il avance cependant qu’une telle augmentation devrait être accordée aux 335 agents de catégorie C de l’agglomération. Elle représenterait alors un effort budgétaire de 500 000 euros, impossible à consentir pour la collectivité. Un argument que Michel Guerin, le maire communiste de Saran, une des communes concernées, conteste, soutenant qu’il n’est pas anormal d’allouer une prime aux seuls éboueurs en considérant la pénibilité de leur travail.

Les éboueurs paraissent très décidés. Par tous les temps et dès 4 heures le matin, ils sont à la tâche dans des conditions difficiles pour assurer le service public. Depuis 2004 notamment, ils réclament une revalorisation de leur pouvoir d’achat. Et depuis trois ans, leur rémunération n’a pas évolué. « Au bout de dix-huit ans de service, montre Serge Lopez, responsable de la CGT, agent principal au 8e échelon, il est inscrit en net sur ma feuille de paye 1 383,57 euros, y compris les 154,52 euros de prime. Réclamer une augmentation de 100 euros, est-ce trop demander ? »

Après dix jours de grève, malgré les difficultés causées au public, le mouvement bénéficie d’une forte sympathie. Les Orléanais comprennent mal le refus de négocier de Charles-Éric Lemaignen. D’autant que sa vigilance à propos des dépenses publiques leur paraît à géométrie variable. On sait, dans l’agglomération, que sans état d’âme, en juillet dernier, il s’est octroyé une revalorisation de ses indemnités de président de 38 % (elles sont passées mensuellement de 2675 à 3700 euros mensuels) et une revalorisation de celles de ses vice-présidents qui sont passées mensuellement de 935 à 1 600 euros (71 %).

Les grévistes en appellent aujourd’hui à la solidarité financière. Très présents à leur côté, les élus communistes, notamment Michel Ricout, conseiller général d’Orléans, et Michel Guérin, organisent le soutien au mouvement. Ils doivent rencontrer aujourd’hui le président de l’agglomération. Les élus socialistes réclament aujourd’hui eux aussi l’ouverture sans attendre de négociations.

Olivier Mayer

l' Huma du 09 / 01 / 09

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