Josés Bovés et Daniel Cohn-Bendit affiche leur connivence .

Publié le par domik27

Européennes . Considérant que le traité de Lisbonne n’est plus la question, les listes des Verts, Europe écologie, tentent le grand écart pour rassembler tous azimuts.

Rouen (Seine-Maritime),

envoyé spécial.

« Chacun a sa part de vérité ». Dixit José Bové, lors du meeting que tenaient les Verts à Rouen, en fin de semaine dernière, en présence de 400 personnes. Par ces mots, José Bové, tête de liste Europe écologie pour le Sud-Ouest, tentait de justifier, lui qui a voté « non » en 2005 au projet de constitution européenne, la jugeant « libérale », sa présence aux côtés de Daniel Cohn-Bendit, fervent partisan, lui, du « oui » et par ailleurs tête de liste pour l’Île-de-France.

Quelques jours auparavant, à Arcueil (Val-de-Marne), ce dernier expliquait ce rapprochement : « Être pour ou contre le traité de Lisbonne, ce n’est plus la question. Dans la situation de crise actuelle, il faut se rassembler. » La crise peut-elle tout justifier et notamment le fait de ranger dans les cartons de l’histoire les différences d’appréciations sur le projet de constitution européenne et son corollaire, le traité de Lisbonne, qui sont, pour l’essentiel, le fondement des politiques européennes menées aujourd’hui ? Cela semble l’opinion des deux leaders. José Bové s’amusant même de cette conviction croisée en déclarant : « Nous sommes interchangeables. » Une pirouette pour un message qui n’est pas si simple à faire passer. Il n’est qu’à voir quelques réactions dans l’assistance comme cette jeune retraitée, venue pour se faire une opinion et qui se désole : « Tout ça, c’est de la cuisine électorale, je ne suis pas surprise. »

dix propositions contre la crise

Visiblement, dans toutes les rencontres que les différentes listes Europe écologie organisent dans le pays, une explication de texte sur cet aspect controversé de la démarche des Verts est jugée, par eux, nécessaire tant cela interroge ceux, nombreux dans la mouvance écologiste, qui ont voté « non » en 2005. D’ailleurs, Dominique Voynet, sénatrice, présente à Rouen, parle de ce qui rassemble : « Nous sommes tous d’accord sur la violence du capitalisme, sur l’illusion que produire plus ne suffit pas, sur les limites du système financier. » Elle poursuit : « Contre ceux qui sont responsables et qui demandent une nouvelle fois de leur faire confiance, nous affirmons que l’écologie est la réponse moderne à la crise. »

Cette réponse, les listes des Verts l’ont développée en dix propositions. Elles vont d’une « conversion écologique et sociale de l’économie » à la mise en place « d’un bouclier social », d’une « politique agricole commune écologique » à celle « d’un nouveau pacte de coopération écologique et solidaire remplaçant le pacte de stabilité du traité de Maastricht »… Il est à noter que des questions comme celles de la place des services publics, de la Banque centrale européenne et des institutions financières qui jouent pourtant un rôle majeur dans les politiques communautaires actuelles ne sont pas abordées.

« gagner sur tout

ce qui peut l’être »

Pour José Bové, devant ce qu’il considère comme des urgences « sociales, celle de la souffrance humaine et écologique avec le risque de destruction de la planète », il faut être « pragmatique » et « gagner sur tout ce qui peut l’être » demain au Parlement européen. Il conclut : « Il faut changer le logiciel européen et c’est formidable que l’on puisse penser ce combat en commun. » Seulement, le fait est que les candidats présents sur les listes Europe écologie, et particulièrement les deux plus emblématiques, José Bové et Daniel Cohn-Bendit, n’ont pas la même version du logiciel, sauf à avoir renoncé pour l’un ou pour l’autre à quelques-unes de leurs convictions ?

Max Staat

l'Huma du 15 / 04 / 09

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