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VAGUE BLEUE : LA FRANCE AURAIT-ELLE VIRE A DROITE ?

Publié le par domik27

Si l’on écoute certains commentateurs avisés, des milieux autorisés qui s’autorisent à penser, selon la formule célèbre de Coluche, la messe serait dite.

Nous autres, pauvres gens du peuple de France, nous n’aurions plus qu’à attendre des élections législatives des 10 et 17 juin prochains qu’elles ne fassent que confirmer et amplifier ce qui s’est produit aux élections présidentielles, c'est-à-dire une parfaite soumission aux idéaux du libéralisme incarné par Nicolas Sarkozy et ses affidés…

Ce serait trop simple et c’est pourquoi il faut regarder les choses autrement, à la simple lumière des évènements.

C’est un fait incontestable : Sarkozy a gagné les élections présidentielles et il s’est, d’ailleurs, cru autorisé, dès le lendemain, à prendre un peu de bon temps sur le yacht d’un milliardaire fort intéressé par la commande publique dans les mois à venir…

Mais sa victoire ne peut masquer quelques unes des lignes forces, des lames de fond qui ont travaillé jusqu’au dernier moment l’électorat.

Si le discours de Sarkozy a manifestement rallié sur son nom l’essentiel de la droite, mettant d’ailleurs à mal les autres courants de la droite ( notamment le Front national ), il a également éveillé une profonde adversité, le vote défini par réaction à son arrivée au pouvoir ayant constitué une forte motivation des électeurs ayant opté pour Ségolène Royal.

Si l’on prend en compte certaines études, l’adhésion au programme et au projet sarkozyste a constitué la motivation clé de 60 à 65 % des électeurs du candidat UMP, c'est-à-dire, concrètement, 30 à 35 % de l’électorat.

L’adhésion au projet politique de la droite est donc nettement moins déterminante que les résultats ne le laisseraient penser.

Dans un autre ordre d’idées, une part importante de l’électorat de Ségolène Royal, au premier comme au second tour, ont voté par rejet de la candidature de l’ex Ministre de l’Intérieur.

Ce processus, portant sur 55 à 60 % des électeurs de Ségolène Royal, selon les sondages et enquêtes, nous indique de fait que quelque chose comme le quart des électeurs s’étant exprimés a voté par rejet de Sarkozy et, de fait, sans primauté accordée à l’adhésion au ‘ pacte présidentiel ‘ de la candidate socialiste.

Les mêmes enquêtes indiquaient d’ailleurs que 30 % des électeurs des candidats d’extrême gauche du premier tour ( soit 600 000 personnes tout de même, ou encore près de deux pour cent des électeurs ayant exprimé un choix…) n’avaient pas reporté leurs voix sur la candidate socialiste.

De fait, la question qui nous est posée est relativement simple : Sarkozy a gagné par défaut, ralliant sur son nom et sans équivoque possible l’électorat fondamentalement de droite ( et souvent de longue date ) et parce que la candidate socialiste a surtout rassemblé un vote ‘ négatif ‘ plutôt que ‘ positif ‘ quant à son projet.

Le déficit d’alternative proposé par le PS, et que le reste des formations de gauche n’a pas plus pu défendre, est la raison principale de la victoire du candidat de la droite.

Le mouvement du second tour est d’ailleurs sans équivoque : comme nous l’avons souligné, ce sont plus de 3 millions d’électeurs et d’électrices qui ont voté Royal et qui n’avaient pas opté pour un candidat de gauche au premier tour.

Ce sont même au total 3 413 408 personnes qui ont manifesté ce choix ( près de 10 % des électeurs du second tour ! .)

Et si l’on ajoute les déperditions évoquées plus haut, cela fait donc plus de 4 millions d’électrices et d’électeurs.

Pour Sarkozy, la chose n’était pas aussi claire.

En additionnant le total des votes allant de Bayrou à Le Pen en passant par Nihous et De Villiers, on arrivait en enfin à 23 877 210 votes.

Sarkozy n’en retrouve que ( et c’est hélas bien assez ) 18 983 138 au second tour, soit 4 894 072 de moins !

De fait, la question est posée : le mouvement en faveur de la candidature de l’UMP ne peut il connaître les mêmes développements aléatoires à l’occasion des législatives ?

Nous y reviendrons puisqu’une étude du journal Le Monde nous indique que, si l’électorat connaissait aux élections législatives la même mobilisation qu’au premier tour des présidentielles et opérait les mêmes choix, nous assisterions à 476 élections triangulaires et 32 élections quadrangulaires le 17 juin…

C'est-à-dire dans près de 90 % des sièges à pourvoir…

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Publié dans domik27

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