Activites postales

Publié le par domik27

Activites postales : La libéralisation ne doit pas passer comme une lettre à La Poste !

Par : Communication
Mis en ligne : 3 juillet

Cela fait maintenant dix ans que l’Union européenne fait des activités postales une marchandise.

Après la libéralisation des envois de plus de 350 grammes en 1997, des plis de plus de 100 grammes en 2003 et ceux de plus 50 grammes en 2006, voilà que les forces libérales s’attaquent aux envois de moins de 50 grammes c’est-à-dire les lettres des usagers qui représentent la majorité des envois postaux. Pour le moment, dans la plupart des pays, ces plis ordinaires relèvent encore des opérateurs historiques et constituent le service universel : garantie de la distribution au même prix, cinq jours sur sept, dans toute l’Europe.

Avec l’ouverture totale du « marché postal » à la concurrence, c’est cette garantie assurée jusque-là par le service public postal qui se trouve compromise.

Le service public postal en sursis grâce à la mobilisation

Les mobilisations syndicales unitaires en Europe du 6 juin 2007, mais également toutes les luttes des usagers, l’absence d’accord entre les gouvernements sur les garanties de financement du service universel ont eu raison de la marche forcée vers la concurrence totale que la présidence allemande voulait imprimer à toute l’Europe. Angéla Merkel voulait avancer pour 2008 cette libéralisation totale prévue initialement en 2009 par la proposition de troisième directive adoptée par la commission européenne en octobre 2006.

En effet, le conseil des ministres européens des postes des 27 pays réunis au Luxembourg le 7 juin 2007 a renvoyé la libéralisation totale de l’activité courrier « marché postal » à 2011. De son côté, la commission des transports du Parlement européen, co-décisionnaire dans ce domaine, a demandé – lors de sa réunion du 18 juin dernier à Strasbourg – la suppression du monopole du courrier de moins de 50 grammes dans l’Union européenne au 1er janvier 2011.

38 voix se sont prononcés pour (Parti populaire européen [droite], socialistes et libéraux-démocrates). Seuls les communistes et les Verts s’y sont opposés par leur vote (6 voix).

Les dégâts en cours sont déjà énormes

Depuis la première directive, 250 000 emplois ont été supprimés en Europe avec une montée vertigineuse de la précarité de l’emploi et des salaires. Ce passage à la libéralisation totale va amplifier ces phénomènes destructeurs à cause de l’explosion à venir d’un dumping social et salarial croisé.

À titre d’exemple, la poste hollandaise TNT pratique en Allemagne des salaires nettement inférieurs à ceux des entreprises locales et menace ainsi l’existence de 32 000 emplois dans ce pays. Inversement, la Deutsche Post pratique aux Pays-Bas des salaires inférieurs de 66 % à ceux de la poste hollandaise avec la disparition en perspective de 7 000 emplois aux Pays-Bas.

La libéralisation totale aura des répercussions nocives sur le service rendu aux usagers, qui devront en payer le prix fort en terme d’augmentation des tarifs et de dégradation de la qualité des services. Dans toute l’Europe, il y aura encore moins de bureaux de poste, moins de boîtes à lettres, plus de trajet à faire pour rejoindre le bureau de poste le plus proche, du fait du système de la concurrence. Ce nouvel épisode de la libéralisation fera disparaître le service public postal jusqu’au service universel en raison de l’opposition de la commission au maintien du financement actuel seul capable d’assurer les péréquations des tarifs.

Pour le droit à la communication

C’est au tour des euro-députés de confirmer la suppression du monopole du courrier de moins de 50 grammes au 1er janvier 2011 par un vote en plénière les 9 et 10 juillet 2007. Ensuite, pour être définitivement adoptée, cette libéralisation totale devra faire l’objet d’un vote formel des ministres des postes européennes réunis en conseil les 1er et 2 octobre 2007.

Les forces libérales veulent mettre à la disposition du marché et des détenteurs de capitaux un secteur qui pèse 90 milliards d’euros et cinq millions d’emplois en Europe en faisant fi de l’intérêt général et du droit à la communication pour tous.

C’est pourquoi, dès maintenant et durant tout l’été, le PCF appelle les citoyens à intervenir auprès des députés européens par courrier et par Internet pour qu’ils s’opposent à la privatisation de ce secteur. Le PCF invite toutes celles et tous ceux qui se battent pour la défense et le développement des services publics, les syndicats du secteur public, toutes les associations, les comités d’usagers à engager en commun une campagne nationale et européenne de sensibilisation en sollicitant les interventions des euro-députés communistes et verts qui combattent la libéralisation postale.

Cette campagne doit porter très haut l’exigence d’un service universel et le droit à la communication et à l’information. Le PCF, ses militant(e)s, ses élu(e)s, sont disponibles pour cette lutte mais également pour lancer en grand le débat et l’action pour un service public moderne de la communication

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