Sarko est prévenu : La rentrée sera pas apathique .
Par Bruno CADEZ le vendredi 3 août 2007, 16:05 - Lien permanent
Sarkozy part en vacances, aux "States", comme on dit dans ce milieu de gens friqués. Là aussi, le choix de la destination n'est pas innocent. On sait que notre président est plus soucieux d'atlantisme que d'indépendance nationale. Qu'il admire la philosophie du gagneur - ce qu'il pense être - véhiculée outre Atlantique. Sans doute même qu'intimement, il soutient le naufrage américain en Irak. Sarko est en vacances, parti sans doute avec l'impression du devoir accompli après ces premières semaines de "rupture". Symbolique, la session parlementaire se termine par le vote de la loi sur le service minimum, autrement dit la remise en cause du droit de grève. Les rassemblements qui ont eu lieu cette semaine ont permis de s'apercevoir qu'on était loin de l'apathie, tout de même, du côté du mouvement social. Nous étions 500 à Lille. Pas mal pour un 31 juillet ! Comme le titre Liberté-Hebdo de ce vendredi : "Préavis pour Sarkozy". Ci-dessous l'édito de cette édition.
Usagers, méfiez-vous de ces faux amis !
Nous n’avions donc rien compris. Si la droite sarkozyste tient tant à remettre en cause le droit de grève dans les transports publics, notamment en obligeant les salariés à se placer sous pression des directions (il faudra prévenir, de manière individuelle, 48 heures avant le déclenchement de l’action que l’on a l’intention de se mettre en grève), c’est simplement pour organiser au mieux le service assuré ces jours-là aux usagers. Xavier Bertrand, le ministre du Travail s’est presque étonné devant les députés que l’on ait pu croire un instant qu’un droit fondamental de notre République était menacé par le projet de service minimum.
Discours d’hypocrite ! La pommade n’avait pas d’autre objectif que d’enrober une entourloupe contre un acquis social majeur, quitte à user des mensonges grossiers. À lire le ministre, il s’agirait de faire en sorte que nos enfants ne se retrouvent plus coincés au milieu de nulle part, empêchés de revenir de l’école en raison de l’inconséquence de grévistes irresponsables. On ne doit pas souvent prendre les transports en commun chez les amis de Nicolas Sarkozy pour sortir de pareilles sornettes. Non, les grévistes ne martyrisent pas nos enfants. Les grèves ne sont responsables des problèmes de retard ou de suppressions de trains que dans la limite de 2 %. C’est la SNCF elle-même qui le dit. Pour le reste, la quasi-totalité donc, c’est le manque de moyens et de personnels pour assurer le service ou l’entretien du matériel, qui complique la vie des usagers. Autrement dit, cette politique qui pille les services publics en économisant les moyens et en supprimant des postes. Politique que le gouvernement poursuivra à grande échelle en 2008, puisque 22.700 fonctionnaires partant à la retraite ne seront pas remplacés, dont 15.000 dans l’Éducation nationale. Mais cette fois, notre ministre ne s’interroge pas sur le nombre de classes ou de cours supprimés à cause de ces économies, sur les difficultés que cela va occasionner pour notre santé, notre sécurité etc. Mais justement, si le droit de grève pose à ce point problème à la droite, c’est parce qu’il donne du poids à ceux qui s’opposent à ces politiques et qui sont les véritables alliés des usagers.
Bruno CADEZ