Quand YADE fait la leçon . ( 3 )
( Certains ont eu la volonté de laisser pourrir les choses .)
Lucien Marest,maire adjoint d'Aubervilliers .
On a vu à la télévision des images très violentes de CRS qui délogeaient des squatteurs devant une école d'Aubervilliers.
Quelle est votre réaction ?
Lucien Marest.
Les violences policières m'ont toujours révolté.Je ne vais pas changer maintenant.Tout cela ressemble à une énorme machination contre une municipalité communiste.L'occupation de cet espace devant l'école était un problème pour les enfants,pour les parents d'élèves,au moment de la rentrée scolaire.Depuis le début de cette instalation,bientôt deux moi,nous en demandons l'évacuation en même temps que l'organisation d'une table ronde avec les représentants des squatteurs et de la préfecture pour que soient examinés les dossiers de demande de logement des personnes concernée.Et lorsque la décision de justice est intervenue pour l'expulsion,nous avons réclamé une discussion entre les forces de l'ordre et les représentants des squatteurs.Cette situation épouvantable est d'une volonté de laisser pourrir les choses.
Quelle en est l'origine,comment en est-on arrivé là ?
Lucien Marest.
Le problème de fond,c'est l'insuffisance du nombre des logements sociaux dans ce pays.Or on a pris l'habitude d'essayer d'imposer aux municipalités qui font le plus d'efforts sur ce plan de faire encore plus,quand d'autres villes se dispensent d'appliquer la loi et refusent de construire le miondre logement social.C'est ainsi que l'on arrive à des situations dramatiques,une à Aubervilliers,une autre à Cachant,à Saint-Denis,Saint-Ouen ou Montreuil.Ensuite,il y a la question du mode d'attribution du logement social.Elle se fait selon une procédure démocratique,en fonction d'un ordre d'inscription sous la responsabilité de la préfecture,de la ville.Or depuis plusieurs années des réseaux mafieux repèrent les logements sociaux que leurs locataires viennes de quitter,qui sont vident le temps de réaliser quelques travaux avant d'accueillir de nouveaux occupants.Et contre financement-jusqu'à 1 500 euros,1 700 euros-ils explosent les portes et installent des familles.Celles-ci réclament alors de rester.Mais à Aubervilliers,3000 demandeurs de logements attendent.Si on acceptait de céder à cette méthode,cela deviendrait la loi de la jungle.Et ce serait au détriment des plus pauvres.
Quelles relations avez-vous avec les associations qui soutiennent ces squatteurs ?
Lucien Marest.
Il nous est souvent arrivé de travailler avec DAL et d'autres pour trouver des solutions lors de problèmes antérieures mais,dans ce cas précis je soutiens la position de l'OPHLM,qui refuse de négocier quelque relogement que ce soit.Nous ne mettrons pas le doigt dans cet engrenage.IL n'est pas question que des personnes qui se sont imposée par ces méthodes passent devant ceux qui attendent leur tour pour avoir un logement social.C'est ma fierté de communiste de dire qu'on ne doit pas confondre revendication sociale,démarche de solidarité et système mafieux.Il faut exprimer sa solidarité avec tous ceux qui sont mal logés en faisant pression sur les autorités pour que toutes les villes acceptent de les accueillir,de prendre leur responsabilité en construisant des logements sociaux.
Que pensez-vous de la visite de la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères,Rama Yade,qui a directement mis en cause la municipalité ?
Lucien Marest.
C'est une provocation.Si elle veut avoir un rôle,qu'elle obtienne de la péfecture la table ronde que nous demandons depuis le début.Aubervilliers a plus de 40% de sa population dans l'habitat social et n'a pas de leçon à recevoir de Rama Yade.Elle oublie qu'elle siège dans le gouvernement au côté de Brice Hortefeux,le ministre qui expulse tous les quatre matins des gens qui ont toute légitimité à vivre dans ce pays.
Entretien réalisé par
Jacqueline Sellem l'Humanité du 8 / 09 / 07