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Relaxe pour Kadidja !

Publié le par domik27

Kadidja, une jeune militante de l’APEIS de Saint-Denis comparaissait aujourd’hui devant la 16ème chambre du TGI de Bobigny « pour entrave à la circulation d’un aéronef » après avoir exprimé sa solidarité avec un jeune étudiant expulsé alors qu’elle se rendait à Bamako auprès de sa famille en décembre 2006. Près d’une centaine de personnes étaient venus la soutenir et la salle s’est révélée beaucoup trop petite pour accueillir tout le monde.

Le déroulement de l’audience
Kadidja a expliqué comment confronté à une violence institutionnelle, à une décision administrative qui brisait la vie d’un jeune homme, elle avait réagi en tant qu’être humain et que citoyenne, alertant les passagers, dont beaucoup lui ont prêté une oreille attentive, et demandant à parler avec le commandant de bord, pour attirer son attention sur une situation insupportable.

Malgré un dossier inexistant où ne figure que le procès verbal établi par la police des frontières à son retour, en dépit du fait que les pressions exercées sur le jeune malien l’aient finalement contraint à partir, et bien que l’avion soit finalement arrivé à destination avec moins de 20 minutes de retard, le Ministère public a réclamé contre elle une peine de trois mois de prison avec sursis.

L’avocate de Kadidja, pour sa part, a démontré que les faits n’étaient pas établis, que Kadidja avait toujours gardé son calme, usant simplement de sa liberté d’expression pour protester contre une situation de violence à laquelle nul ne pourrait assister sans réagir. Si la loi autorise les reconduites à la frontière, chacun sait qu’elle s’applique trop souvent en dépit des conventions internationales qui devraient protéger les droits de la personne.

Le délibéré sera rendu le 29 février. On saura alors si les juges de Bobigny suivront des réquisitions qui sont les plus sévères requises depuis plusieurs années pour des faits de cette nature.

Une volonté d’intimidation du mouvement citoyen
Le procès de Kadidja intervient dans une période d’emballement répressif contre les sans papiers : empilement des dispositions répressives contre les étrangers, politique de quotas chiffre qui conduit les préfectures à utiliser tous les expédients pour faire du chiffre, procédure en marge de la légalité (convocations pièges, interpellations à domicile, rafles systématiques). C’est une véritable guerre qui est menée contre les étrangers sans papiers, qui conduit à mobiliser comme jamais les forces de police et de gendarmerie, et à couvrir des comportement d’une violence inouïe, dans les centres de rétention ou dans un foyer de travailleurs à l’heure du laitier !

Dans ce contexte, les réquisitions contre Kadidja apparaissent pour ce qu’elles sont : une volonté de décourager la révolte des victimes et la solidarité qui s’exprime à leur égard, de décourager l’action citoyenne et plus généralement de réprimer toutes les formes de résistances individuelles ou collectives qui se manifestent contre une politique destructrice des droits et des libertés.

Mais le vent de la solidarité continuera à souffler
Pour les organisations et collectifs regroupés dans RESF, il est légitime de protester quand des droits fondamentaux sont quotidiennement violés par des décisions administratives ; il est légitime de s’indigner quand des milliers de personnes sont arrachées à leur existence quotidienne, quand des étrangers sont arrachées à leur famille ou leurs amis, brutalement privées de l’avenir qu’ils cherchaient tranquillement à construire parmi nous.

Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour dénoncer cette politique inhumaine, aux relents nationalistes et xénophobes qui contaminent toute la société. Des citoyens se mobilisent sur les lieux des rafles, chaque tentative d’expulsion déclenche des réactions de soutien dans les écoles et les quartiers, des sans papiers s’organisent et luttent, y compris sur leur lieu de travail, certains policiers n’hésitent plus à exprimer leur malaise... Ce mouvement ne s’arrêtera pas ! il y aura de plus en plus d’indignations citoyennes, de plus en plus de consciences révoltées.

Non, non, non, aux expulsions !

La solidarité n’est pas un délit !

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Publié dans domik27

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