Le combat des ex de Cachan n’est pas fini

Publié le par domik27

Mal-logement . Deux ans après l’évacuation du squat, la quasi-totalité des anciens occupants ont obtenu des papiers. Le relogement est plus contrasté.

Le 17 août 2006, plus de 500 Africains, dont la moitié sans papiers, étaient évacués manu militari d’un bâtiment désaffecté de la cité universitaire

de Cachan (Val-de-Marne), considéré comme le plus grand squat de France. Après une tentative de campement devant la résidence, immédiatement réprimée par les forces de police, l’occupation s’était poursuivie, deux mois durant, dans un gymnase de la ville. Les médias s’étaient alors emparés de cette situation indigne, qui perdurait pourtant depuis plusieurs années. Certains artistes, comme Josiane Balasko et Charles Berling, s’étaient joints à la lutte pour tenter d’obtenir des titres de séjour et des logements décents pour les 440 personnes, accompagnées par France Terre d’asile. Finalement, le 7 octobre, un accord portant sur l’hébergement temporaire des expulsés et le réexamen des dossiers des sans-papiers était finalement conclu avec le gouvernement.

lutte historique

Deux ans plus tard, les acteurs de ce combat historique se sont retrouvés, samedi soir, à la mairie de Cachan, pour fêter un « bilan globalement positif », comme l’a indiqué Fidèle Nitiéma, un des délégués des ex-squatteurs. Globalement positif, le bilan l’est en effet en termes de régularisation, malgré les treize personnes expulsées après l’évacuation et les cinq autres qui n’ont pas encore obtenu de papiers. Mais la bataille est loin d’être terminée pour de nombreuses familles, toujours en habitat transitoire. Selon la préfecture du Val-de-Marne, sur les 163 familles prises en charge à la sortie du squat, 117 ont été effectivement relogées dans des appartements sur plusieurs départements d’Île-de-France, soit « 290 per- sonnes et 11 enfants à naître ». Quatre sont encore à la recherche d’un logement. Quant aux autres ménages, 31 n’ont pas souhaité être assistés et onze ont été exclus du dispositif « pour refus injustifié de logement ».

De son côté, France Terre d’asile n’héberge plus que 90 personnes dans des hôtels et continue par ailleurs d’assurer le suivi de 190 autres, relogées pour l’instant en logements partagés ou locataires dans des foyers.

Un succès relatif

Le centre d’accueil des demandeurs d’asile (CADA) de Créteil, où l’association avait hébergé jusqu’à 95 ex-squatteurs, n’en accueille plus depuis la fin février 2008. « Deux ans après, les trois quarts sont logés ailleurs que dans la précarité, ce qui n’est pas mal », estime Pierre Henry, directeur général de France Terre d’asile. Mais de relativiser : « Beaucoup connaissent la situation de travailleurs pau- vres. » Si l’exceptionnel mouvement de solidarité né autour des migrants de Cachan peut être satisfait de l’issue du dossier, la situation de dizaines de milliers d’autres sans-papiers sans logement n’a pas vraiment évolué après ce relatif succès.

Ludovic Tomas

l' Huma du 18 / 08 / 08

Publicité

Publié dans domik27

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article