Personnes âgées dépendantes : 1300 lits ou et pour qui ?
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Cidefil 14 septembre 2009
Alpes-Maritimes
lundi 14 septembre 2009
Communiqué de Noël ALBIN - Francis TUJAGUE - Jacques VICTOR, Conseillers Généraux communistes des Alpes-Maritimes
Les Conseillers Généraux étaient conviés mercredi 9 septembre par le Préfet des Alpes-Maritimes et le Président du Conseil général des Alpes-Maritimes à « une réunion de travail sur les créations et extensions d’établissements d’hébergements pour les personnes âgées dépendantes ». Ils se sont retrouvés sans le savoir partie prenante d’un show médiatique faisant partie du plan de communication du gouvernement et de l’exécutif départemental destiné à présenter des mesures qui ne constituent en fait qu’une mise en œuvre partielle des engagements figurant dans le schéma gérontologique départemental voté en novembre 2005.
La seule nouveauté majeure consistait dans l’annonce que l’Etat n’honorerait que partiellement (un tiers) ses obligations en matière de financements des équipements programmés. De telles méthodes, si elles peuvent donner un avant-goût de l’idée que se font de la démocratie locale les promoteurs de la réforme des collectivités inspirée des travaux de la Commission Balladur, ne nous paraissent pas dignes de l’enjeu que représente la question de l’accueil et de la prise en charge de nos aînés dans notre département.
Car, au-delà de ces questions de forme, les éléments présentés hier ne font que confirmer sur le fond les observations formulées par notre groupe en 2005 qui avaient motivé notre vote défavorable et portaient sur trois questions majeures qui sont très fortement liées :
La prédominance très marquée du secteur privé dans les Alpes-Maritimes où le secteur privé à but lucratif représente plus de 65 % de l’équipement collectif départemental en nombre d’établissements lorsqu’au plan national, la représentation moyenne du secteur privé n’est que de 15 % !
Le risque, en raison de cette prédominance, d’un fossé grandissant entre les ressources d’une population départementale des plus de 60 ans aux revenus modérés (revenu médian autour de 1250 € par mois) et des frais de séjour de plus en plus onéreux avec des tarifs prohibitifs face auquel le maintien à domicile ne saurait servir de seule réponse pour les familles, surtout si ne sont pas donnés les moyens aux intervenants dans ce domaine de professionnaliser les personnels et de les rémunérer correctement.
Le poids du secteur privé, guidé d’abord par une logique de profit, entraîne une concentration excessive des établissements sur la bande littorale, considérés comme plus rémunérateurs, au détriment d’un aménagement équilibré du territoire départemental, surtout lorsque l’on sait l’importance de ces activités dans l’emploi des moyen et haut pays. Mieux localiser l’offre ne doit pas provoquer de transferts massifs vers le littoral.
Les créations décidées depuis le vote du Schéma ainsi que les chiffres évoqués hier ne font hélas que confirmer ces tendances en les amplifiant et ce ne sont pas les 20 % de lits habilités à l’aide sociale imposés aux établissements privés, financés par des fonds publics, qui pourront répondre à tous ces besoins, qu’il s’agisse de ceux d’une population de plus de 60 ans qui d’ici 2010 représentera près du tiers des habitants des Alpes-Maritimes ou de ceux qui relèvent de l’aménagement équilibré et solidaire de notre département. Ce n’est pas un « barnum » médiatique, même abondamment relayé, qui masquera ces problèmes ni une réponse sur une seule base quantitative.
Seule une politique d’intervention publique volontariste où l’Etat assume entièrement ses responsabilités, et nous formulons depuis des années des propositions concrètes en ce sens, pourra répondre aux besoins de nos populations et permettre aux collectivités territoriales concernées de pouvoir jouer pleinement leur rôle. “