CGT : La Vie Ouvrière,un siècle d'aventure et de luttes .

Publié le par domik27

L’hebdomadaire de la CGT a connu une aventure éditoriale hors du commun que retracent Denis Cohen et Valère Staraselski.

1909-2009, un siècle

de Vie ouvrière,

de Denis Cohen

et Valère Staraselski, préface de Bernard Thibault, Éditions

Le Cherche-midi,

176 pages, 30 euros.

Dans moins d’un mois, la Vie ouvrière fêtera son centième anniversaire.

Le fait, rare dans la presse française, l’est plus encore dans le secteur fragile

des journaux engagés ou militants. L’aventure

de cet emblème de l’expression et des luttes des travailleurs vaut

bien qu’on la raconte,

et c’est à cette tâche

que se sont attelés

Denis Cohen et Valère Staraselski.

L’un est dirigeant syndical, l’autre, écrivain, a longtemps exercé

des responsabilités importantes

dans la presse du monde du travail. Un tandem bien placé pour faire revivre cette aventure éditoriale

et humaine hors du commun.

En 1909, la CGT a quatorze ans. Fondée au congrès de Limoges

en octobre 1895, elle avait un hebdomadaire, la Voix du peuple. Mais elle est divisée, ses militants pourchassés voire emprisonnés

par la police de Clemenceau.

C’est alors qu’un ancien anarcho-syndicaliste, Pierre Monatte, s’associe avec quelques amis pour créer une revue d’information et de réflexion, paraissant le 5 et le 20 de chaque mois, dans le but de « donner à l’ouvrier

la science de son malheur ».

En trois mois, cinq cent cinquante abonnements sont souscrits :

le seuil de rentabilité est atteint.

Des chiffres difficiles à comparer

à ceux d’aujourd’hui, mais

qui permettent au bimensuel

de se développer, de gagner

en influence - sa diffusion triple

en deux ans - et de passer du statut

de journal de tendance à celui

de pivot de la circulation

de l’information et des idées, et cela malgré des difficultés financières incessantes, qui semblent

un invariant de la presse syndicale

et politique dans notre pays.

L’ouvrage proposé par Denis Cohen et Valère Staraselski permet de suivre, année après année, ce siècle de VO. On y voit les grands moments, les années noires. Celles de la Première Guerre mondiale, de la CGT sombrant dans l’union sacrée, où Monatte démissionne en signe de protestation. Heures de division, avec la scission

de l’après-guerre, où la VO, logiquement, devient l’organe

de la CGTU. Heures de combat

et d’unité avec la réunification,

le Front populaire. Et on lira, presque au quotidien, la chronique

de la résistance et la libération.

Ce feuilletage au long cours encadre, au centre de chaque double page,

des coups de projecteurs sur des sujets politiques, culturels, sociaux

qui illustrent souvent l’ouverture

et l’esprit pionnier de la revue.

Un ouvrage passionnant qui ouvre

sur les perspectives contemporaines

et les transformations nécessaires pour demain. Et aussi un bel objet,

à offrir ou se faire offrir.

Alain Nicolas

site de l'Huma

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