EMPLOI / INDUSTRIE .

Publié le par domik27

 

Emploi / Industrie : Le moment de vérité Avec l'affaire Airbus, notamment, le moment de vérité est arrivé pour tous ceux qui prétendent défendre l'emploi, l'industrie et une Europe sociale de coopération, de répondre avec clarté à cette question : quelles alternatives face aux politiques de licenciements et de cessions d'usines ?
Actualité
8 mars 2007 Devant l'ampleur du gâchis humain et industriel que constitue le plan Power8 chez Airbus, difficile d'expliquer les bienfaits du marché et de la libre concurrence à des salariés qui savent pertinnement que le succès de leur entreprise doit tout à des coopérations industrielles initiées et soutenues par les puissances publiques des différents Etats. Ainsi chacun redécouvre des vertus qu'ils vouaient il y a peu aux gémonies.

Oubliés les mots de Jospin : « L'Etat ne peut pas tout ! » Le PS suggère de mobiliser des fonds publics régionaux sans être pour le moment capable d'évaluer la portée réelle de sa proposition. Oublié les diatribles de Bayrou sur l'Etat dépensier ! Le candidat appelle pour le coup les Etats européens à s'engager fortement. Quant à Sarkozy, il prend le même virage sur l'aile en rendant visite aux salariés toulousains, en parlant d'Etat protecteur ! Mais derrière ces mots, qui appellent tous désormais l'Etat à la rescousse, quels choix véritables sont ils les uns et les autres prêts à faire ?

Le pilotage croissant par les actionnaires privés est directement en cause. L'appétit de rendements juteux a peu à peu pris le pas sur les exigences de constructions industrielles innovantes et pérennes. Plus facile en clair pour EADS et Daimler d'empocher les dividendes du succès de l'A320 que d'investir et de prendre les risques et le temps nécessaires pour assurer le succès de l'A380. Donc il y a là une première question essentielle : à qui confie-t-on durablement les commandes ?

Faut-il conforter le pilotage privé comme le propose Sarkozy, se contenter de lui apporter de nouveaux fonds publics sans discuter sa prééminence, ce qui risque d'arriver si l'on s'en tient à la proposition socialiste ou changer de pilote en enlargissant réellement les droits des salariés et en reconstruisant une solide entreprise publique européenne comme le suggère MG Buffet ?

Deuxième question : où trouver l'argent dont l'entreprise à semble-t-il grand besoin ? Il convient d'abord de demander des comptes à ceux qui viennent ces dernières années de s'en mettre plein les poches grâce aux succès d'Airbus. C'est la moindre des choses plutôt que de faire payer l'addition aux salariés. Et après ? Va-t-on mobiliser des crédits européens, mettre enfin devant leurs responsabilités la Banque européenne d'investissement et la Banque centrale européenne et donc les gouvernements de l'Union ? C'est l'occasion ou jamais de passer des discours sur la BCE à des actes concrets de réorientation des financements européens. Faute de quoi Airbus et ses actionnaires iront lever l'argent sur les marchés financiers en accroissant la dépendance du groupe à l'égard des exigences de rentabilité de ces marchés. Le risque grandira alors de voir l'argent public sollicité, celui des régions par exemple, servir de béquille à de nouvelles dérives financières.

Enfin et c'est presque par là qu'il convient de commencer, les Etats doivent imposer avant même de mettre le doigt dans le soutien aux restructurations engagées l'obligation d'examen des plans alternatifs élaborés par les salariés et leurs syndicats. La suspension du plan Power8, un moratoire et l'organisation d'une réelle concertation sont les premières victoires à imposer.

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