Le Président,sa chaine,ses journalistes...
Par Régis TRILLES le jeudi 24 mai 2007, 21:11 - France d'après - Lien permanent
« Je ne suis pas l'homme d'un clan ». Quizz express: qui est l'auteur de cette phrase.? Gagné, c'est bien Nicolas Sarkozy. Enfin, c'était avant qu'il ne soit élu. D'ailleurs, le soir de sa victoire, le Fouquet's avait des allures de Press Club. Et depuis, non content d'avoir les trois quarts des patrons de journaux, de radio et de télé si ce n'est à sa botte, du moins dans ses petits papiers, sa politique de placement n'a de cesse d'étonner.
Après avoir recruté Myriam Lévy du Figaro, Catherine Pégard. du Point et le multicarte Georges-Marc Bénamou pour jouer les conseillers, il vient de placer à la tête de TF1 son directeur adjoint de campagne, Laurent Solly. Et ce, le jour de la nomination de Nonce Paolini au poste de directeur général de la Une! Dans les couloirs de la chaîne, « les gens n'abordent le sujet qu'avec discrétion, nous rapporte un salarié. Ce sont des décisions politiques sur lesquelles on n’a aucune prise ».
Le SNJ-CGT estimant que « Sarkozy fait la démonstration qu'il est d'abord le représentant d'une caste, celle des nantis », pointant du doigt « Bouygues, Lagardère, Bolloré, Pinault, Arnault, Minc». Même constat du côté du PS, jugeant qu'il s'agit là d'un « mélange des genres dont nous craignons les conséquences pour la démocratie française. » Et un salarié de TF1, rigolard, de noter: « La différence entre Berlusconi et Sarkozy, c'est que Berlusconi, lui, est propriétaire des chaînes... »
A contrario, du côté du service public, Béatrice Schönberg - à la ville, Madame Borloo - ne retrouvera pas sa place de présentatrice des JT du week-end de la Deux tandis que Christine Ockrent, épouse de Bernard Kouchner, arrêtera de présenter France Europe Express sur la Trois le mois prochain. La première présentera un magazine de société à la rentrée et la seconde une émission qui reste encore à définir.
Ces mises en retrait sont intervenues alors qu'Arlette Chabot, la patronne de l'info de France 2 venait de déclarer sur l'antenne de RTL que Schönberg se sentait sous « surveillance» et qu'Ockrent n'allait pas pouvoir continuer « dans les mêmes conditions qu’autrefois. »
Alain Vernon, de la CGT de France 2, se réjouit de ces décisions, « qui plus est, dans la période actuelle. Les journalistes ont suffisamment mauvaise réputation pour qu'on n'ajoute à cela la suspicion . Mais le problème reste entier, certains se sentant, depuis la victoire de Sarkozy, totalement décomplexés.»
Et de noter que « désormais, on ne nous répond plus - à nous, représentants du personnel - sur les questions éditoriales. »
Le syndicaliste compte d'ailleurs interpeller Patrick de Carolis à ce sujet. D'autant que, comme on nous le dit en interne, « Sarkozy ne pourra jamais se comporter à France Télévisions comme il vient de le faire à TF1. Mais il n'en a pas fini avec nous. »
En tête, la virulence des propos de celui qui n'était alors qu'un simple candidat. contre la direction et les journalistes de France 3.
Au point qu'on peut se demander si cette mise en retrait de mesdames Borloo et Kouchner ne serait pas la carotte qui cache le bâton.